Voyager comme les hobos : une tendance périlleuse

Voyager comme les hobos : une tendance périlleuse
26
mars
2018

Au début du vingtième siècle aux États-Unis, une communauté de vagabonds voyageant de ville en ville en s’introduisant illégalement dans des trains de marchandise se crée. Ce sont les hobos, des sans domicile fixe d’un nouveau genre. La plupart sont des travailleurs itinérants, qui vivent le long des rails de chemins de fer et qui communiquent entre eux grâce à la « langue du trimardeur ». La langue du trimardeur est un ensemble de signes laissés par les hobos pour indiquer à d’autres si un lieu est accueillant ou bien au contraire dangereux pour s’arrêter. Les hobos inspirent de nombreux écrivains qui font le récit des aventures de ces itinérants, mais aussi des individus en quête d’aventure qui n’hésitent pas à mettre leur vie en péril pour quelques sensations fortes.

Les hobos du 21ème siècle, entre aventure et inconscience

De nos jours, certaines personnes tentent de voyager comme les hobos. Mais les individus ont changé, les trains se sont modernisés et la sécurité des chemins de fer s’est de plus en plus développée. Alors qui sont ces hobos du 21ème siècle qui bravent les règles pour voyager autrement ?

Hobos ou train-hoppers ?

Les itinérants voyageant illégalement à bord de trains de marchandises de nos jours ne sont pas exactement les mêmes que dans les années 20. En effet, autrefois les hobos étaient des travailleurs qui devaient trouver un moyen de se déplacer de ville en ville sans frais et de manière plus rapide en se ravitaillant sur la route. Une population qui vivait dans la misère et dans l’extrême solitude, marginalisés et rejetés de toute population. De nos jours, les hobos ne sont plus que des voyageurs en quête de sensations fortes que l’on appelle les « train-hoppers ». Ce sont souvent des jeunes qui souhaitent traverser les Etats-Unis autrement ou des personnes qui préfèrent vivre en marge de la société.

Les risques du voyage

Le souci, c’est que les aventures des hobos décrites dans les livres font rêver de plus en plus de monde. Malheureusement, ces récits ne relatent pas toujours la réalité de l’expérience et les risques encourus et font de cette pratique illégale une idylle pour les individus en quête de sensation forte. Chaque année, ils sont des centaines à tenter l’expérience. Et si certains trouvent la pratique originale et enrichissante, d’autres voient leur soif d’aventure tourner en cauchemar. Du simple manque de provisions, au racket et aux agressions : voyager comme les hobos demande un minimum de réflexion. Ce n’est pas un simple voyage mais un mode de vie.

Des voyages hobos organisés

Aux Etats-Unis, un homme se propose de faire vivre les sensations hobos à des groupes en mal de sensations fortes. Si l’expérience proposée est en tout point conforme à la réalité de la vie des hobos, certains abandonnent le voyage pour retourner à leur confort de vie initial.

Steeven Bo Keeley, le hobo tour-opérateur

Steven Bo Keeley est un américain au CV plutôt impressionnant. Après des études de vétérinaire et une carrière dans le racquetball, il décide de s’installer en Californie dans une caravane à trois mètres sous terre, isolé du reste du monde. C’est alors qu’il décide de se lancer dans la vie de hobo, sillonnant le pays à bord des trains de fret. C’est plus tard qu’il décide de faire découvrir à des groupes cette vie d’itinérance pleine de risques. Au cours de sa vie, Steven Bo Keeley s’est trouvé confronté à toutes sortes de situations parmi les plus farfelues. Il a même postulé pour apparaître dans le livre des records comme la personne ayant le plus de fois frôlé la mort.

A qui s’adresse le voyage ?

C’est à des cadres et bureaucrates que Keeley propose ce voyage, pour mettre en pause leur quotidien monotone et leur faire vivre des aventures palpitantes. En plus de risquer sa vie sur les rails, il propose à ces touristes d’un nouveau genre de passer la nuit dans des abris de SDF ou des camps de fortune construits par les hobos. Le seul problème, c’est que ces cols blancs ne respectent pas toujours les règles et abandonnent le voyage en cours de route pour retrouver le confort des hôtels aux alentours avant de rentrer chez eux.

A lire aussi :